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Agnes FAGOO
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Tourisme - Histoire - Personnalités...
Agnès Fagoo, 110 ans, livre ses souvenirs d'enfance " À cette époque-là... " " Mes parents tenaient une quincaillerie à Warhem, en face de l'hospice. À ce moment, les rues ne portaient pas de nom. C'est venu beaucoup plus tard. C'est là que je suis née. Eugénie, la sage-femme, a aidé ma mère à accoucher. " Ainsi commence " le récit d'enfance et de jeunesse " d'Agnès Fagoo, née Coudeville, qui vient de fêter ses 110 ans. François Fairon, historien public, a recueilli les souvenirs de la pensionnaire de la maison de famille Saint-Augustin de Bergues. Il a enregistré ses propos pendant six après-midi entre novembre 2003 et septembre 2004, puis les a retranscrits selon un ordre chronologique. Le résultat : un petit livre qui nous parle d'un temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître... Agnès Fagoo évoque ses jeunes années, de sa venue au monde à Warhem le 19 décembre 1894 à son installation à Bergues suivie de son mariage avec Paul, le 2 avril 1921, dans son village natal. L'alerte à coups de clairon C'est tout un monde rural empli de traditions et de solidarité qui retrouve vie grâce à la mémoire précise de la " super centenaire ". Chez ses parents et sa sœur aînée Madeleine, pas d'électricité pour s'éclairer, mais la lampe à pétrole. Pas de chèques, encore moins de cartes bancaires dans la boutique, mais un " grand livre noir de comptes " où la mère " notait méticuleusement les sommes des achats à crédit " : " certains fermiers ne payaient qu'à la fin de l'année, à la Saint-Éloi ". Pas non plus de services de secours comme nous les connaissons : " lorsqu'un incendie se déclarait, un villageois venait avertir mon père en tapant sur le carreau de notre chambre. Mon père se réveillait en sursaut et sortait son clairon pour donner l'alerte, puis il enfilait sa tenue (...) Il se précipitait au local des pompiers à la mairie, en continuant à claironner dans les rues pour réveiller les autres pompiers. " Agnès Fagoo se souvient de l'importance que tenait la religion : la messe tous les dimanches, l'arrivée d'un nouveau curé comme l'abbé Hameau en 1904, sa communion la même année : " J'ai reçu des chaussures neuves faites par le cordonnier Thur (Arthur) Verriele. " Elle évoque les heures de classe avec les autres filles. Pas de mixité en ce début de XXe siècle ! Et interdiction de parler flamand : " Nous nous rattrapions à la sortie de l'école et chez nous ", commente-t-elle. Élève studieuse, suivie par sa mère qui lui faisait réciter ses leçons, elle conserve de bons souvenirs, " notamment des bêtises que je pouvais faire ". Un jour, elle s'est retrouvée dans un fossé, trempée jusqu'à la taille : elle avait voulu vérifier la solidité de la glace dans le but de patiner avec plusieurs filles. Résultat : " une bonne claque " de la part de sa mère qui la décrivait comme "pire qu'un garçon ". " C'est vrai que j'ai toujours été fort espiègle ", raconte-t-elle. À voir son sourire, un siècle plus tard, personne n'en doute... " Les Chaussures de la communiante ", 35 pages, imprimé par la Presse flamande à Hazebrouck, en vente 8 € à la maison < de famille Saint-Augustin, 27, L. Leys - La Voix du Nord - Décembre 2005
Mise à jour :
Thursday 06 May 2010 | ||||||||||||||